Insomnia (1997)

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Une histoire assez classique de meurtre, quelque part au nord de la Norvège, un curieux endroit, assez pourri, qui ressemble un peu à l’Oslo de Junk Mail. ERIK SKJOLDBJAERG réussit à nous captiver malgré un scénario assez mince (c’est peut-etre le seul veritable reproche que l’on peut faire au film) : d’abord grâce à la beauté de certaines images (je pense en particulier à la séquence dans une sorte de village de pecheur en bois tout abandonné et en ruine), et au parti pris de réalisme - mais dans le bon sens du terme. Les ricains nous auraient traité cela à la Bruce Willis avec explosions à gogo et flics couillus. Les Franzosen, avec des monologues infinis, indéfinis, nuls et un total mépris pour le rythme. Pas ce norvégien doué. Les personnages sont réels : ils ne sont pas francs du collier, plutot mutiques, pas aimables à priori. Rien des supermen-rambos ou des "zoomeurs" sur nombril bien de chez nous. Pas de psychologisme laborieux et didactique. Pas de causalité. Les personnages de Insomnia agissent parfois sans que leurs motifs soient clairement explicités. Ils sont HUMAINS. Ils est possible qu’ils ne sachent pas eux-même pourquoi ils agissent. En dehors de la trame (resoudre l’affaire de meurtre), des agissements un peu étranges sur les franges de la part de personnages peu amènes et peu interessants (ou plutôt qui le seraient dans la réalité : comme vous et moi). Pour tout dire, l’histoire finit de manière ambigüe, morale si on veut, mais pas tout à fait ... La vie des hommes et des femmes sans qualités.
ERIK SKJOLDBJAERG était à 2 doigts du chef d’oeuvre, nous sommes nous dit en sortant. Juste passer du talent au génie.

Jean-Charles Vidal